Secondaires d'infrastructure IA : pourquoi la décote de 25-40% crée une fenêtre d'entrée
Par Lila Benhammou, Co-Fondatrice & CIO — FINXIA Capital
C.CAPITAL
Le marché secondaire général du private equity s'est nettement resserré : les décotes sur les fonds de qualité sont tombées à 5-10% en 2025-2026, contre 15-25% durant le choc de taux de 2022-2023. Les secondaires d'infrastructure IA, eux, continuent de se négocier avec une décote de 25-40% par rapport aux derniers tours de financement. Cet écart n'est pas une anomalie de marché — c'est le signal d'une dislocation structurelle qui persiste.
L'explication tient en un mot : illiquidité. De nombreux LP se sont resserrés sur les actifs illiquides depuis le choc de taux 2022-2023, et cette aversion n'a pas disparu avec la reprise générale du marché secondaire. Or l'infrastructure IA — datacenters, capacité de calcul, plateformes cloud — reste par nature un actif à cycle long, capital-intensif, difficile à valoriser sur les méthodologies classiques de private equity. C'est précisément cette difficulté de valorisation qui maintient la décote large, même quand la liquidité générale du marché s'améliore.
Pourquoi le resserrement général du marché ne comble pas cet écart
Le marché secondaire a levé 95 milliards de dollars de capital en 2025, et ce capital cherche naturellement les actifs les plus faciles à sous-écrire — les positions dans des sociétés au business model établi, aux comparables clairs, à la trajectoire de sortie documentée. L'infrastructure IA ne coche pas ces cases aussi facilement : les cycles de dépenses capex des hyperscalers, les évolutions technologiques rapides (GPU, refroidissement liquide, architecture datacenter) et l'absence de comparables cotés matures rendent la valorisation plus complexe. Le capital généraliste évite mécaniquement cette complexité — ce qui maintient la décote large pour les acteurs disposant de l'expertise sectorielle pour la traverser.
Cette dynamique confirme une règle simple des marchés secondaires : la décote ne se resserre pas au rythme de la liquidité disponible, mais au rythme de la capacité collective du marché à comprendre et sous-écrire un actif. Sur l'infrastructure IA, cette capacité reste rare — ce qui maintient l'opportunité ouverte pour les investisseurs qui la possèdent.
La thèse C.CAPITAL sur ce segment
C.CAPITAL cible spécifiquement les secondaires d'infrastructure IA décotés de 25 à 40% par rapport aux derniers tours, en tirant parti du resserrement des LP sur les actifs illiquides. Cette thèse n'est pas isolée du reste du fonds : l'expertise sectorielle sur l'infrastructure IA développée via la stratégie TITAN DC AI — connaissance opérationnelle des datacenters, de la puissance électrique, du refroidissement, des cycles de la demande cloud — constitue précisément l'avantage informationnel qui permet à C.CAPITAL de sous-écrire correctement des positions que le marché généraliste ne sait pas valoriser.
C'est cette transversalité entre pôles — l'expertise TITAN DC AI qui nourrit la conviction C.CAPITAL sur les secondaires d'infrastructure IA — qui distingue une plateforme multi-stratégies intégrée d'un fonds mono-thèse classique.
Une fenêtre qui reste ouverte, pas éternelle
Le resserrement général du marché secondaire — 121 milliards de dollars de volume au premier semestre 2026, un nouveau record — signale une normalisation progressive de la liquidité privée. Cette normalisation finira, à terme, par comprimer aussi la décote sur l'infrastructure IA, à mesure que davantage d'acteurs développent l'expertise sectorielle nécessaire pour la sous-écrire. C'est cette fenêtre temporaire, avant la compression généralisée, que la discipline de conviction de C.CAPITAL est structurée pour capturer.
Lila Benhammou est Co-Fondatrice et Directrice des Investissements (CIO) de FINXIA Capital. Elle pilote la stratégie C.CAPITAL (late-stage, secondaires décotés) ainsi que l'infrastructure IA-native du fonds. Serial entrepreneure, elle a fondé Humans4help avant de co-créer FINXIA Capital. Autrice de deux ouvrages : « RPA, AI, Chatbots » (2020) et « Power-Bound — La guerre du mégawatt » (2026).