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Investment Strategy••7 min de lecture

PPA, raccordement, flexibilité : comment un datacenter sécurise son électricité (et sa valorisation)

Par Lila Benhammou, Co-Fondatrice & CIO — FINXIA Capital

Un datacenter sans électricité sécurisée n'est pas un actif, c'est une coquille vide. Pourtant, beaucoup de transactions se concentrent encore sur les murs, la fibre et le PUE. La question qui devrait ouvrir toute due diligence est plus simple : d'où vient le courant, pour combien de temps, et à quel prix ?

Trois documents font aujourd'hui la valeur d'un site : la convention de raccordement avec le gestionnaire de réseau, le contrat d'approvisionnement, et l'autorisation d'exploitation. Si l'un des trois manque ou arrive à expiration, la valorisation théorique du site s'effondre.

Le premier document est le plus rare. En France, une prise de plusieurs dizaines de mégawatts se négocie sur cinq à sept ans avec RTE. Les opérateurs qui détiennent une convention ferme, avec une date et une puissance garanties, détiennent de fait une option sur le marché.

Le PPA est devenu la norme

Les hyperscalers et les AI factories signent désormais des contrats d'achat d'électricité de longue durée, dix à vingt ans, directement avec des producteurs. Ces PPA verrouillent le prix, garantissent l'origine décarbonée de l'énergie et rassurent les banques qui financent les projets. En Roumanie comme en Espagne, les développeurs n'annoncent plus un site sans PPA associé.

Pour un investisseur, un datacenter adossé à un PPA long se lit comme un actif immobilier adossé à un bail solide : revenus prévisibles, coût de l'énergie maîtrisé, risque résiduel limité. À l'inverse, un site exposé aux prix de marché peut voir sa marge divisée par deux en quelques mois de tension sur le courant.

La check-list de la due diligence énergétique

Avant d'acquérir, quatre vérifications s'imposent. La puissance contractuelle et sa date de mise à disposition. La possibilité de monter en charge sans repasser en file d'attente. Les clauses d'indexation du contrat d'achat. Et la solidité du poste source auquel le site est rattaché.

S'ajoutent deux questions plus récentes. Le site peut-il participer aux mécanismes de flexibilité et d'effacement, qui rémunèrent les gros consommateurs capables de réduire leur charge en pointe ? Et peut-il installer du stockage ou une production d'appoint ? Ces options-là valent de plus en plus cher.

Comment nous l'appliquons chez FINXIA

Dans la stratégie TITAN DC AI, aucun dossier ne passe en comité sans une revue énergétique complète, menée avant toute offre. C'est souvent à ce stade que les projets meurent : raccordement incertain, PPA introuvable à prix acceptable, ou capacité insuffisante pour les densités des prochains GPU.

Cette discipline explique notre préférence pour les actifs brown. Un site industriel avec une convention historique de 20 MW et une autorisation d'exploitation en règle offre une base qu'aucun greenfield ne peut égaler avant des années. La transformation coûte de l'argent, mais le temps gagné n'a pas de prix sur ce marché.

Ce qu'il faut retenir

La valeur d'un datacenter se lit désormais dans ses contrats d'énergie autant que dans ses murs. PPA long, raccordement ferme, options de flexibilité : ce sont les trois piliers d'une valorisation défendable.

À surveiller : l'évolution des mécanismes de capacité et d'effacement en France et en Espagne. Ils pourraient ajouter une ligne de revenus significative aux actifs bien équipés d'ici 2028.

Lila Benhammou est Co-Fondatrice et Directrice des Investissements (CIO) de FINXIA Capital SCSp, véhicule d'investissement propriétaire luxembourgeois positionné sur les actifs réels et l'infrastructure IA.