Pourquoi un taux de conversion inférieur à 5% est un avantage, pas une contrainte
Par Lila Benhammou, Co-Fondatrice & CIO — FINXIA Capital
C.CAPITAL
C.CAPITAL examine un grand nombre d'opportunités de secondaires et de positions late-stage — et en convertit volontairement moins de 5% en investissements réels. Dans un marché où 95 milliards de dollars de capital secondaire cherchent à se déployer, ce taux n'est pas un signe de rareté d'opportunités. C'est une discipline délibérée.
La logique est simple à énoncer, difficile à tenir : plus le deal flow disponible augmente, plus la tentation de diversifier pour déployer le capital plus vite augmente aussi. C'est précisément cette tentation que la discipline de conviction est structurée pour résister. Un taux de conversion bas n'est pas un objectif en soi — c'est la conséquence mécanique d'un principe simple : n'investir que là où l'expertise sectorielle du fonds confère un avantage informationnel décisif, jamais par défaut de mieux.
Pourquoi l'abondance de capital rend la sélectivité plus urgente, pas moins
Le marché secondaire a battu un nouveau record au premier semestre 2026 avec 121 milliards de dollars de volume. Quand le capital disponible croît plus vite que le nombre d'opportunités réellement différenciées, la compétition sur les actifs les plus visibles s'intensifie mécaniquement — ce qui comprime leur rendement espéré. Dans ce contexte, la discipline de sélectivité n'est pas un luxe de gérant prudent : c'est la condition pour continuer à capturer un rendement ajusté du risque supérieur à la moyenne du marché.
Un ticket moyen de 2 à 10 millions d'euros, conjugué à un taux de conversion sous 5%, signifie que chaque position fait l'objet d'une due diligence sectorielle approfondie plutôt que d'une évaluation standardisée appliquée à un grand volume de deals. C'est un choix structurel : moins de positions, mais chacune sous-écrite avec l'avantage informationnel que l'expertise TITAN DC AI et le réseau institutionnel de FINXIA confèrent sur des segments spécifiques.
Ce que cette discipline signifie concrètement
Sur les secondaires d'infrastructure IA, la discipline se traduit par le refus de sous-écrire une position dont la valorisation ne peut pas être documentée avec la même rigueur qu'un actif TITAN DC AI en propre. Sur les positions late-stage pré-IPO, elle se traduit par le refus de suivre une valorisation de marché sans conviction indépendante sur la trajectoire de l'entreprise. Dans les deux cas, le taux de conversion bas est la trace visible d'un processus de décision qui refuse le compromis sur la conviction.
Cette discipline rejoint, sous une forme différente, celle appliquée sur les trois autres pôles de FINXIA : sélectivité géographique sur l'hôtellerie premium, discipline de structuration grand format sur le résidentiel, discipline de prix d'entrée sur TITAN DC AI. Le principe commun est le même — refuser de déployer du capital sans l'avantage informationnel qui justifie la conviction.
La discipline comme avantage compétitif durable
Dans un marché secondaire qui double de volume tous les quatre ans, la discipline de sélectivité devient elle-même un avantage compétitif — pas parce qu'elle limite l'exposition au risque, mais parce qu'elle garantit que chaque position déployée bénéficie d'un avantage informationnel réel. C'est cette discipline, plus que la taille du deal flow accessible, qui détermine la performance de long terme d'une stratégie secondaire à conviction.
Lila Benhammou est Co-Fondatrice et Directrice des Investissements (CIO) de FINXIA Capital. Elle pilote la stratégie C.CAPITAL (late-stage, secondaires décotés) ainsi que l'infrastructure IA-native du fonds. Serial entrepreneure, elle a fondé Humans4help avant de co-créer FINXIA Capital. Autrice de deux ouvrages : « RPA, AI, Chatbots » (2020) et « Power-Bound — La guerre du mégawatt » (2026).