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Coliving en Europe : pourquoi ce modèle opéré redéfinit le résidentiel institutionnel

Par Jean-Pierre Véron, Président — FINXIA Capital

Résidentiel & Flex Living

Le coliving n'est plus une niche expérimentale. Le marché mondial est valorisé à 13 milliards de dollars en 2026 et devrait atteindre 35 milliards d'ici 2030 — une trajectoire de croissance qui dépasse largement celle du résidentiel traditionnel. Ce qui change réellement pour un investisseur institutionnel, ce n'est pas la taille du marché : c'est la nature opérationnelle du modèle.

Une enquête auprès d'investisseurs européens gérant plus de 1 000 milliards d'euros d'actifs montre que 38% investissent déjà dans le coliving, et 51% prévoient de le faire dans les trois prochaines années. Cette conviction institutionnelle grandissante ne repose pas sur un pari spéculatif — elle repose sur un déficit structurel de logements de 4,5 millions d'unités en Europe et sur un taux d'occupation des résidences services qui dépasse 92% dans les métropoles tier-1.

Ce qui distingue le coliving du résidentiel traditionnel

Un immeuble résidentiel classique génère un loyer passif : le propriétaire encaisse, l'exploitation est minimale. Le coliving fonctionne à l'inverse — c'est un actif opéré, où la performance dépend directement de la qualité de gestion : optimisation des surfaces communes, digitalisation de la réservation et de la gestion locative, montée en gamme continue des services, taux de rotation des locataires maîtrisé. Cette dimension opérationnelle rapproche structurellement le coliving de l'hôtellerie — un parallèle que FINXIA Capital exploite directement, en appliquant au résidentiel opéré la même discipline de gestion active développée sur son pôle Hôtellerie Premium.

Le segment PBSA (résidences étudiantes), cousin proche du coliving par sa logique opérationnelle, illustre l'ampleur du mouvement : les investissements ont progressé de 52% en 2025, et pour la première fois l'activité en Europe continentale a dépassé celle du Royaume-Uni, son marché historique.

L'effet de portefeuille à la sortie

La discipline d'exécution ne s'arrête pas à l'exploitation quotidienne. Le coliving s'inscrit dans le même ciblage que le reste du pôle Résidentiel & Flex Living de FINXIA, détaillé dans notre thèse résidentielle plus large. Ce qui distingue le coliving, c'est l'effet de portefeuille à la sortie — la prime de liquidité qu'obtient un ensemble d'actifs stabilisés cédé en bloc plutôt qu'unité par unité — un levier de création de valeur à part entière, distinct du rendement locatif courant.

Un socle de compétences déjà démontré

La structuration d'actifs résidentiels grand format n'est pas un territoire nouveau pour l'équipe fondatrice de FINXIA — la même discipline de structuration foncière grand format et de coordination multi-partenaires qui fonde la thèse Résidentiel & Flex Living du fonds (détaillée dans notre analyse sur le déficit de logement, ci-dessous) s'applique directement au coliving. C'est ce socle de compétences, plus que la taille du marché, qui détermine la capacité à exécuter à l'échelle institutionnelle.

Le coliving redéfinit le résidentiel institutionnel parce qu'il exige la même rigueur qu'un actif opéré classique — hôtellerie, datacenter, logistique — appliquée à un besoin structurel : loger une population urbaine européenne en croissance, dans un marché où l'offre reste durablement inférieure à la demande.

Jean-Pierre Véron est Président et Fondateur de FINXIA Capital SCSp. Plus de 40 ans de track record sur des cycles complets d'acquisition, développement, restructuration et cession d'actifs immobiliers institutionnels en Europe — Financière Rive Gauche, Directeur Général France de Kaufman & Broad (20 ans), Financière Norev.